Traitement de Presse

Comment STP* anticipe la productivité

de ses partenaires

*Société de Traitement de Presse

 

Geodis BM vient de prendre en charge l'ensemble des flux de STP – Société de Traitement de Presse – pour la région Rhône-Alpes. Le chargeur, confronté aux exigences exceptionnelles de son métier, conçoit ses appels d'offres pour garantir à chaque transporteur les conditions les plus favorables à sa performance. Une approche rare et qui tarde à faire école…

 

> Le transport a ses paradoxes. Voici une innovation qui a 15 ans d'âge, qui a fait ses preuves  mais n'a pas encore fait école. "Demandez à Geodis BM s'ils reçoivent souvent des consultations comme la nôtre", demande le directeur d'exploitation et DGA de STP – Société de Traitement de Presse.

Pourtant, l'idée paraît évidente : au lieu de consulter les transporteurs pour chaque destination, comme on le faisait avant lui, Christian Puyobrau les consulte pour des ensembles de destinations géographiquement cohérentes, regroupées en "lots régionaux". Alors qu'il aurait pu être confronté à 80 prestataires desservant 140 destinations, il gère un pool de huit partenaires approvisionnent 15 régions, chacune d'elles regroupant six à 12 destinations.

Rhône-Alpes Nord, qui est l'une d'elles, vient d'être remportée par Geodis BM, désormais en charge d'une dizaine de liaisons quotidiennes par lots complets dans les environs de Lyon, Chambéry, Annecy, Macon et Bourg-en-Bresse. Toutes ces longues distances nécessitent des relais de conducteurs à mi-parcours. Mais comme elles visent des destinations proches les unes des autres, les relais peuvent tous être organisés au même endroit, en l'occurence : Beaune.

"Le regroupement des destinations, explique Christian Puyobrau, permet à chaque prestataire d'organiser au mieux son point de relais. L'enjeu est à la fois de respecter les lois sociales sur le transport, d'améliorer le confort des conducteurs et, exigence majeure dans notre métier, de sécuriser les livraisons sans faire exploser les coûts…"

L'honneur d'un chargeur
Tout comme les produits frais, la presse ne peut se permettre aucun retard. Une seule défaillance – panne d'un tracteur, absence d'un conducteur – peut lui faire perdre des milliers de lecteurs. Une seule poussière dans les rouages et c'est une ville comme Lyon ou Marseille qui va prendre un café à la grimace, avec des milliers de lecteurs privés de leur quotidien ou magazine préféré !

De plus, ce produit ultra-frais est sujet à de singulières variations pondérales : un seul numéro du Nouvel Observateur peut, du jour au lendemain, passer de 300 à 600 grammes, voire un kilo, et ce surpoids n'est annoncé à STP qu'au petit matin.

Mais comment doubler des liaisons dans toute la France quand on ne dispose que de quelques heures pour le faire ? Faut-il, au cas où, affréter chaque fois une double flotte ? Faut-il mettre un camion de secours derrière chaque camion  et, derrière chaque conducteur, une doublure connaissant son rôle aussi bien que l'acteur en titre ? Financièrement impensable !

Alors, revenons à Beaune, ville relais, où les conducteurs parisiens de Geodis BM échangent leurs semies avec leurs collègues rhônalpins, avant de rentrer chez eux. "On travaille six jours sur sept, résume le DGA de STP.


Christian Puyobrau, directeur d'exploitation et DGA de STP : "Le regroupement des destinations permet à chaque prestataire d'organiser au mieux son point de relais."

 

Pour des raisons arithmétiques évidentes, il y a toujours un conducteur disponible. Le nombre total de conducteurs mobilisable est donc toujours supérieur au nombre de liaisons : il y a toujours un volant de remplaçants en cas de défaillance. Seul un prestataire en charge d'un lot régional peut disposer de ces jokers à des conditions économiques et sociales acceptables." Aucun transporteur ne dira le contraire.

Avec des régions, des relais et un nombre optimum de liaisons par région, Christian Puyobrau et son équipe ont donc déroulé dans leurs appels d'offres le tapis rouge de la productivité, donnant à leurs partenaires les conditions les meilleures pour tenir leurs challenges de qualité.

Mais, sur cette base, on ne plaisante plus avec les exigences. STP reçoit ses transporteurs tous les trois mois pour la remise des tableaux d'honneur et des bonnets d'âne. Outre la ponctualité, tout est consigné, comptabilisé : un camion sale, un défaut de chaussures de sécurité, une barre d'arrimage défectueuse, un faux contact dans le plafonnier d'un fourgon.

Mieux vaut, malgré tout, un retard qu'un accident. Pour que la pression du temps ne soit pas pousse-au-crime, STP ne répercute à ses transporteurs qu'une partie des pénalités financières que lui imputent ses clients quand les camions ne sont pas à l'heure."Ce réalisme, cette anticipation à tous les niveaux, c'est l'honneur d'un chargeur", salue Pascal Favarel, en charge du dossier chez Geodis BM.

Coup de chapeau réciproque de Christian Puyobrau, qui préside l'impartiale commission Transport de STP où Pascal Favarel a passé son oral en "short list" pour emporter ce marché : "Quand il y a peu d'écarts sur les prix, c'est la confiance qui l'emporte. La commission été impressionnée par la présentation de Geodis BM."

À suivre… dans ces colonnes.