La presse et l'opinion publique françaises se sont émues de l'arrivée au Havre des 614 containers de boues toxiques récupérées fin 2006 dans les décharges de Côte d'Ivoire, après de graves conséquences sanitaires et la démission du gouvernement présidé par M. Gbagbo. Avec l'accord du ministre français de l'Environnement les déchets sont aujourd'hui convoyés à l'usine de retraitement de Salaise (38) par Ermechem, filiale de la SNCF, de Geodis BM et Ermewa. Une opération multimodale sous haute surveillance…
> Dix morts et plus de 6 000 personnes intoxiquées, tel était, fin 2006, le bilan ivoirien d'une étrange pollution d'origine maritime conduisant des experts français, bottés et masqués, dans les décharges publiques de la région d'Abidjan. Plus de 400 tonnes de boues devaient y être recensées et analysées. Elles étaient chargées d'éléments soufrés toxiques comme l'hydrogène sulfuré, le H2S et le mercaptans et provenaient de la vidange des cuves du Probo-Koala, un navire battant pavillon panaméen, affrété par une multinationale enregistrée aux Pays-Bas... Tandis que le Premier ministre M. Konan Banny présentait la démission de son gouvernement, une longue et complexe opération logistique allait se mettre en place pour acheminer 614 containers jusqu'au site français de Salaise (38), où la société Tredi, filiale du groupe Séché, procède aujourd'hui au retraitement des déchets. Une opération qui a impliqué jusqu'à Nelly Olin, alors ministre français de l'écologie, et, bien entendu, les autorités locales.
152 millions d'euros
Hautement sécurisés, les containers ont été transportés par cargo d'Abidjan au port du Havre. Consultée pour leur transport ferroviaire, la SNCF a recommandé la société Ermechem, filiale de Geodis BM Chimie et d'Ermewa, spécialisée dans les opérations rail-route et le transport de matières dangereuses. "Chaque semaine, six à sept wagons spécialement affrétés quittent le Havre pour atteindre le lendemain un site de stockage embranché ferroviaire, à Salaise. Cette opération est suivie heure par heure", précise Rémi Poteau, en charge de l'opération chez Ermechem.

Les 2,5 kilomètres séparant le site du stockiste du centre d'incinération ont été passés au peigne fin.
Le choix du rail était de nature à rassurer l'opinion publique, dont la mobilisation a retardé les opérations pendant des mois. Plus courte, la finale routière du parcours est sous très haute surveillance. Les 2,5 kilomètres séparant le site du stockiste du centre d'incinération ont été passés au peigne fin ; chaque point stratégique a été photographié, chaque segment minuté, ainsi que l'indispensable parcours de sûreté. Quant aux conducteurs de Geodis BM Chimie, ils ont suivi une formation extrêmement pointue. Le 30 mars, devant les caméras du JT, le premier transport a fonctionné parfaitement. Depuis juin, un jour par semaine, trois camions Geodis BM effectuent plusieurs rotations pour alimenter l'usine de Tredi, qui devrait en venir à bout en un an. Au terme d'un accord signé le 13 février, Trafigura devrait verser 152 millions d'euros à la Côte d'Ivoire pour indemniser les victimes et… construire une usine locale de traitement des déchets.
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